La création de Faisons des Vivants est un processus d’aller retour et détour autour de la transmission, autour de la question : " Mais qu’est-ce donc d’être vivant ? " lire la suite
Mise en scène : Claudia Gäbler et Herbert Rolland / avec Antoine Plaisant, Dominique Rongvaux et Isabelle Wéry
à l’Escale du Nord (Anderlecht) pour la fête de la Communauté française, le mardi 27/09/2011
à la Scène du Bocage (Herve), le vendredi 30/09 et le samedi 01/10/ 2011
www.escaledunord.net I www.chac.be / theatre / scene-du-bocage
RESERVATIONS UNIQUEMENT DANS LES LIEUX D'ACCUEIL :
Escale du Nord asbl Centre Culturel d'Anderlecht 02/528.85.00 info@escaledunord.net
Scène du Bocage à Herve 087/ 67.09.07 info@chac.be · www.chac.be
Un tréteau de bois, une chaise, quelques éléments de costumes anciens par-dessus jeans et tee-shirt et trois comédiens. Rien que cela pour jouer « Dom Juan » de Molière ? Maigrichon ? Pas du tout mais dégraissé, quintessencié, hors de la sphère psychologique, s'ouvrant à sa richesse de sens, parce qu'axé sur la langue de Molière que l'on écoute autrement, débarrassée de ses traditions.(...) Mais une telle radicalisation, imaginée et mise en scène par Claudia Gäbler et Herbert Rolland, les maîtres du Théâtre de la Vie, exige des comédiens à la hauteur de l'enjeu. Et l'on est rivé à l'interprétation de Dominique Rongvaux, portant Dom Juan d'un bout à l'autre : un timbre de voix sobre et riche, une diction charpentée, claire, une mince silhouette qui n'est que chairs et sangs maîtrisés, prête à s'enflammer (et elle explose dans la dernière partie), mais aussi toute d'ironie tranchante, sans illusion dont le moindre sursaut dans la sobriété laisse percevoir le doute qui l'assaille. (...) Ce « Dom Juan » vit aussi par la lumière sculptée du plateau, de ses planches disjointes (ce qui nous vaut un enfer de par-dessous!), de ses briques, de ses corps (Bruno Smit) et par le remarquable travail du son de Marc Doutrepont.
Michèle Friche, Le Soir.
On n'en a jamais fini avec un chef-d'œuvre ... Quatorze ans après l'avoir mis en scène avec Alexandre Von Sivers, Pietro Pizzuti et René Hainaux en tête de distribution, Herbert Rolland revient au « Dom Juan » de Molière. (...) Homme de parole et de fidélité, le metteur en scène et animateur du Théâtre de la Vie a repris des éléments de scénographie de Serge Creuz (la dernière que réalisa ce grand artiste disparu en 1996). (...) Cosignée par Claudia Gäbler, cette réalisation dépouillée, allusive, sensuelle et soignée se veut résolument multimédia, tout en restant centrée sur les intentions de l'auteur. (...) C'est que le son fait l'objet ici d'un travail tout particulier de la part de Marc Doutrepont : bruitages, musiques, effets d'écho, contrastes d'intensité, explorations du grain de la voix concourent activement à la dramaturgie. (...) Porté par l'énergie jubilatoire et la diction ciselée des trois comédiens, ce spectacle original se laisse regarder avec un plaisir d'autant plus intense que l'on connaît bien la pièce.
Philip Tirard, La Libre.
L'Atelier Théâtre de la Vie se trouve rue Traversière à Bruxelles, on y montait très sobrement, il y a peu le « Dom Juan » de Monsieur Molière. C'était dévastateur, vif, sobre, très efficace et édifiant. « Un pur trouve toujours un plus pur qui l'épure » : la langue de Molière y éclatait dans toute sa splendeur, servie par de somptueux acteurs. La pièce est plus contemporaine que jamais, sa vérité est si actuelle qu'elle vous coupe le souffle. Les mots sont forts, l'écriture touche et frappe sans déguisement, sans fioriture. Les mots claquent comme des coups de fouet. Le lieu est sobre, on y parle sabre : 2 acteurs, 1 actrice, 3 chaises triangulaires à 3 pieds pour 3 personnages : Dom Juan, son Valet et celle qui joue tous les autres rôles à l'image des femmes d'aujourd'hui. Le chiffre 3 : 2 acteurs et 1 actrice; on change de costumes à vue, on change de voix : « La scène libre au gré des fictions » comme l'aimait Copeau, le grand Maître du théâtre. Ce peu d'accessoires, les voix nues, les allées et venues donnent à la pièce revisitée une grande force... C'était la première partie de la soirée, c'était très efficace, ça suivait le texte primordial. La deuxième partie était plus historique, plus philosophique... Elle remettait la pièce dans le temps, c'était plus didactique mais infiniment passionnant. Cher Monsieur Molière, vous n'en finirez pas de nous faire non seulement rire mais aussi réfléchir. On a envie au moment de sortir d'apprendre par cœur toutes les répliques que vous avez écrites, elles sont faites sur mesure pour les femmes et les hommes de ce temps.
Julos Beaucarne, Tourinnes la grosse, mars 2010.