Édito 24-25

Dans les rues étroites de Saint-Josse, nous poursuivons notre chemin, vagabondant le long de la rue Traversière, grimpant au gré des chiffres qui défilent. Mais depuis plus d’un an maintenant, nous nous arrêtons sans cacher notre plaisir devant le numéro 45. 

Un livre en guise de porte battante qui continue à se laisser feuilleter. 

Les meubles y sont déplacés, les corps s’y installent tout doucement, les âmes se renouvellent, de nouvelles pousses tentent de s’y épanouir. 

La multitude de sensibilités qui y fourmillent se fracasse souvent aux puissances du réel, aux doutes, aux incompréhensions, à la violence de la grande actualité. 

Que pouvons-nous faire ? Rien, sans doute ; pas grand-chose, certainement. A minima, nous sommes concerné.es. Nous sommes affecté.es. Des certitudes, nous en avons peu – c’est l’intérêt d’être en chemin. 

Le travail qui s’y mène n’a rien à vous apprendre, il ne se veut ni révolution ni mission héroïque mais plutôt percussion ! 

Percuter nos sens, percuter nos cœurs, percuter notre âme commune. Une vibration effervescente de laboratoire queer, de dynamitage des débuts de semaine, une fougue du retour à l’enfance, tout juste après la rencontre irrévérencieuse de trois trolls, une ouverture fracassante des traumatismes vécus, une polyphonie de créatures féminines délurées et réinventées, une exploration house des héritages, des discussions intimes sur la grande toile, du drag de droite (mieux vaut en rire qu’en pleurer) et une bonne dose de cohésion sociale car nous rêvons toujours d’un théâtre inclusif qui crée des ponts entre les corps.  

Un livre qui s’écrit collectivement, et cette saison encore, une sacrée page à tourner ensemble, dans l’espoir d’un renouveau, d’un printemps.